Quand la faux me sortira
De cette tenue d'apparat
Que l'on nomme peau, corps
Ou bien moi,
Fantôme je me transformerai
Pour quelque temps j'errerai.
Parmi les hommes
Je volerai
De-ci de-là,
De petits mots susurrerai
Pour qu'ils me prennent ...
Pour leurs pensées.
Je deviendrai cette porte
Plate et dure en quelque sorte
:
En la faisant grincer sur ces gonds
Leur ferai faire quelques bonds.
Avec le soleil je naîtrai
Me dissolvant en sa clarté
Du rouge au jaune j'iriserai
Tout, de ma lumière baignerai.
Puis je plongerai au centre de la
Terre
En cette masse, fulgurante, serai
l'éclair,
Cette chaleur du magma en fusion
Je l'amplifierai
Pour plus de confusion!
Je trouverai un petit coin de désert
Le ferai exploser, au loin, sorti
de Terre!
Je deviendrai cette immense gerbe
de feu
Je déchirerai le ciel, si
je le veux!
En poussières d'étincelles
Miroitant sous la lumière
Je descendrai doucement
Selon l'humeur des vents.
Dans l'océan j'irai me refroidir
Lame de fond, j'irai me revêtir
Oursins, coquillages, étoiles
de mer
Et même, pourquoi pas, trésors
engloutis
Tout ça, sur mon immense
cape
Sera serti.
Ou bien,
D'une goutte d'eau m'envelopperai
Pour aller choir dans la roseraie
Sur la pétale, hésitante,
je glisserai
Verte, parmi les feuilles, m'échapperai
Vers d'autres jeux, d'autres secrets.
Au royaume du bouffon
Je viens de faire un bond.
Hé! Vous, les morts
Dans vos cimetières
Venez!
On va aller se prendre une bière!